La différence entre bourek et brick
· Le journal du 13
Même feuille fine, même dorure, deux noms qu’on mélange au comptoir tous les jours. On remet les choses à plat : forme, farce, œuf, cuisson et traditions.
L'essentiel en 30 secondes
Le bourek et la brick sont deux feuilletés salés du Maghreb, cousins du börek ottoman, faits de la même feuille de semoule et de farine presque transparente. Le bourek algérien, comme le bourek annabi d’Annaba, est surtout roulé en cigare autour d’une farce compacte, souvent de viande hachée, et se sert en série, notamment avec la chorba. La brick tunisienne est plutôt pliée en triangle ou en demi-lune, avec une farce plus libre au thon, à la pomme de terre ou à la viande, et sa version reine cache un œuf entier au jaune coulant. Dans la vraie vie, les noms se croisent d’une famille à l’autre : c’est la forme et l’œuf qui font vraiment la différence.
Bourek = cigare roulé, farce serrée. Brick = triangle plié, œuf coulant. Même croustillant, deux styles.
Deux noms, une même famille
C’est la question qu’on entend le plus souvent au comptoir de la rue de Chanterac : « C’est pas une brick, ça ? ». La réponse honnête, c’est « un peu, mais pas tout à fait ». Le bourek et la brick appartiennent à la même grande famille, celle des feuilletés salés où une farce est enfermée dans une feuille de pâte si fine qu’on voit presque à travers, puis dorée jusqu’à devenir cassante.
Ils partagent donc l’essentiel : le principe, la pâte, le croustillant et le plaisir de manger avec les doigts. Ce qui les sépare, ce sont des habitudes régionales devenues des signatures. D’un côté l’Algérie, qui roule ses boureks en cigares et les sert par plateaux entiers. De l’autre la Tunisie, qui plie ses bricks en triangles et y glisse volontiers un œuf entier.
Comprendre la différence, ce n’est pas trancher un débat entre voisins. C’est savoir ce qu’on commande, ce qu’on cuisine et ce qu’on attend en croquant dedans. Ce guide reprend chaque point, de l’histoire à l’assiette, pour que tu puisses les reconnaître du premier coup d’œil.
Un ancêtre commun ottoman
Avant d’être rivaux de comptoir, bourek et brick sont deux descendants du même plat.
Le börek
Tout part du « börek » turc. Dans l’Empire ottoman, on savait étirer la pâte jusqu’à la transparence, puis la rouler ou la superposer autour de farces variées. Cette technique de la feuille fine est l’ADN commun de tous les feuilletés de la famille.
Le bourek
En Algérie, le mot est resté très proche de l’original : bourek, ou bourak selon les régions. Chaque ville a sa version, et Annaba, à l’est, a donné son nom au bourek annabi, roulé serré et servi en quantité.
La brick
En Tunisie, le nom s’est transformé en « brik », francisé en brick. Le plat a pris une identité forte : plié, souvent garni d’un œuf, et devenu l’un des symboles de la cuisine tunisienne, au point de donner son nom à la feuille elle-même.
Retiens cette idée : la parenté explique la ressemblance, et les siècles d’usages locaux expliquent les différences. Personne n’a copié personne, chaque cuisine a simplement adapté la même technique à ses produits, à ses fêtes et à sa manière de recevoir.

Cigare contre triangle
C’est la différence la plus visible. Le bourek algérien est roulé : on pose une bande de farce au bas de la feuille, on rabat les côtés, puis on enroule en serrant. On obtient un cigare long et régulier, d’un ou deux doigts d’épaisseur, que la farce remplit d’un bout à l’autre.
La brick, elle, est pliée. La feuille est garnie au centre puis refermée en triangle ou en demi-lune, à plat. Elle est plus large, plus fine en épaisseur, et ses bords forment une collerette qui devient très cassante à la cuisson.
Cette géométrie n’est pas qu’esthétique. Le cigare multiplie les tours de feuille autour de la farce, donc les couches qui craquent. Le triangle garde la farce en une seule poche, ce qui permet d’y loger un œuf entier sans qu’il déborde. Chaque forme sert sa recette.
Dioul, malsouka, filo
Côté pâte, bourek et brick sont quasiment jumeaux. En Algérie, on parle de dioul ; en Tunisie, de malsouka. Dans les deux cas, c’est une pâte souple à base de semoule et de farine, tamponnée en disque très fin sur une plaque chaude. Elle cuit en quelques secondes et sort à peine plus épaisse qu’une feuille de papier.
Dans les rayons, ces feuilles sont presque toujours vendues sous le nom de « feuilles de brick ». C’est l’une des grandes raisons de la confusion : on fait des boureks avec des feuilles de brick, et tout le monde a raison.
La pâte filo, grecque, est parfois utilisée en remplacement. Elle est plus sèche et feuillette en couches qui s’effritent, là où le dioul garde une petite élasticité avant de craquer net. Conseil maison : garde tes feuilles sous un torchon légèrement humide pendant que tu roules ou que tu plies, sinon elles cassent avant la cuisson.
- Dioul
- Malsouka
- Feuille de brick
- Pâte filo
- Semoule + farine
- Ultra-fine
Ce qu'on met dedans
Le bourek algérien mise sur une farce compacte et bien assaisonnée. La plus répandue : de la viande hachée revenue avec de l’oignon, du persil ou de la coriandre, des épices douces et du poivre, parfois liée avec un peu de fromage ou d’œuf battu. On croise aussi des versions au fromage, à la pomme de terre ou au poulet.
La règle d’or du bourek : une farce assez sèche, refroidie et égouttée avant de rouler. Trop humide, elle détrempe la feuille de l’intérieur et le cigare ressort mou, même s’il a l’air doré.
La brick tunisienne a une farce plus libre et souvent plus humide, justement parce que le pliage et la cuisson rapide le permettent. Le thon y est roi, avec de la pomme de terre écrasée, du persil, des câpres et parfois du fromage. Il existe aussi des bricks à la viande, aux crevettes ou aux légumes.

L'œuf, signature de la brick
Si tu ne devais retenir qu’un détail, ce serait celui-là. La brick la plus célèbre, la brick à l’œuf, consiste à creuser un nid dans la farce, à y casser un œuf entier, puis à plier la feuille très vite avant de la plonger dans l’huile. Le blanc prend, le jaune doit rester coulant.
Cela change toute l’expérience. On la mange en la tenant par un coin, en mordant au bon endroit, et le jaune vient napper la farce au thon ou à la pomme de terre. C’est un petit défi : trop cuite, elle perd son charme ; mal croquée, elle file sur les doigts. Ça fait partie du plaisir.
Le bourek, lui, n’a pas d’œuf entier. L’œuf y joue au mieux un rôle de liant discret dans la farce, ou sert de colle pour souder le bord de la feuille. Résultat : un cigare qui se mange proprement, d’une main, en marchant.
Œuf coulant au centre ? C’est une brick. Cigare bien serré sans surprise ? C’est un bourek.
Même bain. Bourek et brick sont traditionnellement frits dans une huile bien chaude, juste le temps que la feuille blondisse. Plus l’huile est à la bonne température, moins la pâte absorbe de gras : c’est vrai pour les deux.
Timing différent. La brick à l’œuf se cuit en un éclair, retournée une fois, pour que le jaune reste liquide. Le bourek roulé supporte une cuisson un peu plus longue, qui laisse à chaque tour de feuille le temps de dorer jusqu’au cœur.
Version four. Badigeonnés d’un peu de matière grasse, les deux passent très bien au four : plus légers, un peu moins cassants. Le bourek s’y prête mieux, car la brick à l’œuf risque d’y cuire son jaune.
Égoutter, puis vite. Quelques secondes sur une grille ou du papier absorbant, et à table. Pour réchauffer, four ou poêle sèche ; jamais le micro-ondes, qui ramollit la feuille en quelques secondes.
Frire, dorer, servir
Même huile, même dorure, mais pas la même patience.
D'un coup d'œil
Six critères pour ne plus jamais confondre. À garder en tête la prochaine fois que tu commandes.
- 01
Origine
- Bourek
- Algérie, avec des versions régionales comme le bourek annabi d’Annaba.
- Brick
- Tunisie, où c’est un classique des tables familiales et des étals.
- 02
Forme
- Bourek
- Cigare long et fin, roulé serré, extrémités rabattues.
- Brick
- Triangle ou demi-lune, pliée à plat autour de la farce.
- 03
Feuille
- Bourek
- Dioul : semoule et farine, cuite en disque ultra-fin.
- Brick
- Malsouka : même principe, même finesse presque transparente.
- 04
Farce
- Bourek
- Compacte et assez sèche, souvent viande hachée, oignon, herbes.
- Brick
- Plus libre : thon, pomme de terre, câpres, persil, viande.
- 05
Œuf
- Bourek
- Parfois un peu d’œuf pour lier la farce, jamais en vedette.
- Brick
- L’œuf entier au centre, jaune coulant : la version star.
- 06
Dégustation
- Bourek
- À la main, en série sur un plateau, souvent avec la chorba.
- Brick
- À l’unité, en entrée, en mordant vite avant que le jaune file.
Pourquoi tout le monde confond
Première raison : la feuille. Puisqu’on l’achète sous le nom de « feuille de brick », beaucoup appellent brick tout ce qui en est fait, cigares compris. Le contenant a fini par donner son nom au contenu.
Deuxième raison : les familles. D’une maison à l’autre, d’une région à l’autre, on roule des bricks ou on plie des boureks. En Algérie, certains appellent bourek une version en triangle ; en Tunisie, on trouve des bricks en rouleau. Les mots voyagent avec les gens, et la Méditerranée en a vu passer beaucoup.
Troisième raison : en France, ces plats ont souvent été découverts pendant le Ramadan, sur des tables où les deux se côtoyaient. On a gardé le souvenir du goût, moins celui du nom exact. Bilan : la confusion n’est pas une erreur, c’est la preuve d’une histoire partagée.
Au comptoir, on ne corrige personne : on explique, et on fait goûter.
Avec quoi les manger
La brick se savoure souvent seule, en entrée, avec un filet de citron. Le bourek se pose en série au milieu de la table, traditionnellement à côté de la chorba. En snack, il devient le compagnon de tout le reste.
Le completAvec un bowl
Riz parfumé, poulet, sauce maison et oignons crispy : le bowl apporte le moelleux, le bourek roulé le croquant. Deux textures qui se complètent sans se marcher dessus.
Le réconfortAvec des pâtes
Une barquette de pâtes crémeuses aux champignons et un ou deux boureks pour saucer : le duo des soirs pluvieux, comme une brick à côté d’une soupe.
Le comboAvec un burger
Le croustillant de la feuille face au fondant d’un cheeseburger : le bourek remplace une partie des frites, ou s’ajoute pour les grandes faims.
Envie d’en savoir plus sur le cigare croustillant d’Annaba ? Notre guide c’est quoi un bourek détaille son histoire, ses farces et ses gestes. Et pour le duo le plus demandé, direction le smash burger.
Marseille regarde Annaba et Tunis de l’autre côté de la Méditerranée, et une bonne partie de la ville a grandi avec l’un ou l’autre sur la table familiale. Pourtant, ces feuilletés restent souvent des plats de maison, qu’on attend pour les fêtes plutôt qu’on ne les trouve en snack.
Au Snack YS Le 13, au 2 rue de Chanterac, entre Arenc et la Joliette, on a fait notre choix : le bourek annabi, roulé en cigare et fait maison, sur la carte toute l’année. À la pièce pour accompagner un repas, ou en box à partager pour le bureau, l’apéro ou avant un concert au Silo. Sur place, à emporter ou livré, 7j/7 · 11h – 1h.
Et si tu viens en demandant une brick, pas de souci : on t’en montre un, tu goûtes, et tu repars en sachant exactement faire la différence.
Fait maison, produits frais. Du goût, de la qualité, du 13 !
Questions bourek ou brick
Quelle est la différence entre bourek et brick ?
Les deux sont des feuilletés salés faits d’une feuille de pâte très fine. Le bourek algérien est le plus souvent roulé en cigare autour d’une farce compacte, souvent de viande hachée. La brick tunisienne est plutôt pliée en triangle ou en demi-lune, et sa version la plus célèbre contient un œuf entier dont le jaune doit rester coulant.
Le bourek et la brick utilisent-ils la même feuille ?
Presque. On parle de dioul en Algérie et de malsouka en Tunisie : une pâte de semoule et de farine cuite en disque ultra-fin sur une plaque chaude. Dans le commerce, elle est souvent vendue sous le nom de feuille de brick, ce qui entretient la confusion.
Peut-on faire un bourek avec des feuilles de brick ?
Oui, c’est même la solution la plus courante à la maison. La feuille de brick du commerce donne un très bon bourek roulé. La pâte filo dépanne, mais elle feuillette en couches sèches au lieu de craquer d’un bloc.
La brick contient-elle toujours un œuf ?
Non. La brick à l’œuf est la plus connue, mais il existe des bricks au thon, à la pomme de terre, à la viande ou au fromage, sans œuf entier. C’est simplement la version emblématique.
Le bourek annabi, c’est quoi exactement ?
C’est la version d’Annaba, grande ville portuaire de l’est algérien : un cigare long et fin, roulé serré, servi chaud et en quantité. C’est celle que le Snack YS Le 13 prépare maison à Marseille.
Bourek ou brick, lequel est le plus croustillant ?
Le bourek roulé, parce que la feuille fait plusieurs tours autour de la farce : chaque couche craque. La brick, plus plate et souvent plus humide à cause de l’œuf, offre un contraste différent, entre bords cassants et cœur fondant.
Où manger un bourek annabi dans le 3e arrondissement de Marseille ?
Au Snack YS Le 13, 2 rue de Chanterac, 13003 Marseille, entre Arenc et la Joliette. Sur place, à emporter ou livré, 7j/7 · 11h – 1h.
Assez lu ? Passe à table.
Sur place, à emporter ou livré, 7j/7 · 11h – 1h au 2 rue de Chanterac, Marseille 3e.

